Spinning Flower

Un blog qui parle de tricot, de filage, de laine, de dentelles, de tissage, de pays étranges et merveilleux, d'aquarelle, de plantes, et d'autres choses auxquelles je n'ai pas encore pensé... A spinning, weaving and knitting blog about wool, flowers, spind

20 octobre 2006

Pourquoi j'étais fâchée

Merci de votre sollicitude! Je n'avais pas l'intention de rester aussi longtemps sans donner de nouvelles, c'est mon travail qui m'a empêchée de poster plus tôt. J'avais retrouvé ma bonne humeur dès lundi dernier... Mais, pour celles que cela intéressent, j'avais une sorte de raison d'être de mauvais poil. Pour ne pas être traumatisé(e), ne vous forcez pas à lire la suite, ou à partager mes délires. Nulle obligation. En plus, je vais peut-être dire des bêtises.

De fait, j'ai appris il y a quelques semaines qu'un ami de terminale se mariait à New York avec un homme, à l'Eglise Anglicane, et qu'ils étaient à la recherche d'un oeuf de femme. Hors frais de mère porteuse, le prix de l'oeuf de femme, blanche, diplômée type Harvard, sportive, s'élève à 60 000 $, paraît-il.

Pendant ces quelques semaines, j'ai donc été pensive, cherchant à savoir au juste, précisément, ce qui me gênait dans cette histoire. Puisque l'on nous demande toujours: "et pourquoi pas?" lorsque nous paraissons choqués de certaines choses, il faut bien être capable de répondre. Et c'est toute cette réflexion qui m'a mise de mauvaise humeur, voilà.

Toutes les considérations politiques qui vont suivre (vaseuses?) n'enlèvent pas l'amitié que je porte à cet ami, même si je ne comprends pas ce qu'il fait il y a des raisons. Si je dis quelque chose qui vous choque, disons que la liberté d'expression est faite pour s'en servir, j'ose le faire et vous demande d'essayer de me comprendre comme j'essaie de comprendre cet ami (mais je ne parlerai pas de son cas particulier).

D'une part, la logique incestueuse de tout ce processus de légalisation du mariage gay. Si deux hommes peuvent se "marier" et exiger le droit de faire des enfants avec des femmes exclues de la relation "maritale", pourquoi deux frères, ou encore un père et sa fille ne pourraient-ils pas se marier eux non plus? Puisque la science permet d'éviter la consanguinité, on ne voit plus de raison d'être choqué par l'inceste en tant que tel. Donc, il me semble que si le droit évolue vers le mariage gay, avec l'adoption ou la procréation des enfants médicalement assistée, il me semble que le droit évoluera aussi vers une acceptation de l'inceste et de la pédophilie (je pense à un livre dont j'ai oublié le nom, qui raconte la relation revendiquée entre un père et sa fille, et à la création d'un parti politique pédophile actif aux Pays-Bas, revendiquant la pédophilie pour les enfants de plus de 13 ans).

Vous me répondrez que pas du tout, le mariage gay et l'inceste, ou la pédophilie, n'ont absolument aucun rapport. Un "mariage" est un acte qui nécessite la liberté de choisir, de la part des époux, alors qu'on peut toujours supposer que dans la relation incestueuse, quelqu'un est privé de liberté. Mais, cela ne suffit pas à créer une distinction juridique entre des mariages gays et des mariages incestueux. Il n'y a a pas d'institution laïque chargée de vérifier si l'engagement des époux est effectivement libre; les Etats se contentent de vérifier que les époux sont majeurs et sains d'esprit, auquel cas ils sont a priori libres. Le divorce permet de corriger les erreurs de jugement au moment du mariage.

Donc aucun Etat ayant accepté le mariage gay avec adoption, ne pourra à terme juridiquement s'opposer aux mariages incestueux, à partir du moment où ils seront revendiqués par des groupes et des personnes majeures capables de changer d'avis. La question de la majorité sexuelle ne cesse de se poser avec plus d'acuité.
Ou bien, vous me direz, bon eh bien, "et pourquoi pas" la pédophilie et l'inceste? Après tout, où est le mal, si les gens sont volontaires et se sont fait leur propre idée? Auquel cas, "et pourquoi pas" le cannibalisme, la zoophilie ou les sacrifices humains? Si ces hypothèses vous paraissent stupides, à moi elles ne le sont pas. L'an dernier un cannibale qui avait mangé un homme volontaire, a été jugé en Allemagne; le grand-père d'Alexandre Jardin vivait avec une guenon (est-ce bien vrai?); en Afrique du Sud, d'après Courrier International de la semaine dernière, il y a en ce moment une recrudescence de sacrifices humains. En quoi l'Europe serait-elle protégée contre ces folies, qui ont été fort répandues en d'autres temps et d'autres lieux?

Aussi, ne dites pas que je fais de la provocation ou de l'amalgame, car beaucoup de sociétés humaines ont considéré certaines de ces choses comme normales, et les ont ritualisées pour les contrôler a minima. La répétition de ce renversement de la preuve "pourquoi pas" est agaçant à la longue, où nous mènera-t-il?

D'autre part, je suis choquée par ce commerce bizarre d'oeuf de femme. Dans toute relation humaine, il y a une part d'affect. Même quand je prépare un paquet du Petit Troupeau, je pense à la personne à qui il est destiné, tout en préparant le papier de soie, les écheveaux de laine, l'huile essentielle de cèdre, je pense au plaisir de trouver le paquet dans sa boîte aux lettres, au crissement du colis que l'on ouvre etc. Donc même dans les actes commerciaux, il y a une part d'affect. Sauf qu'en vendant un oeuf de femme, on vend un morceau de personne, qui elle, n'aura aucun droit de regard affectif sur son origine, sur la mère qui l'a portée, sur la mère génétique qui lui a transmis son patrimoine génétique, une partie de ses forces et ses faiblesses physiques. En effet, tout cet affect est censé être reporté intégralement sur les deux parents adoptifs. Cette vente est donc très particulière, car elle interdit toute relation affective pour l'objet de la vente sur son origine: ce n'est pas un objet qui est vendu et pourtant il devrait se comporter comme un objet!

Au contraire, l'union naturelle a vocation à créer un être humain: c'est donc un droit essentiel de tout homme et femme, de se créer une descendance, même imparfaite. Je crains que cette valorisation économique des personnes ne pousse d'ailleurs le droit, à définir de plus en plus qui peut ou pas, faire des enfants. Finalement, cette action eugéniste est déjà à l'oeuvre, puisque l'argent du Téléthon aurait servi en grande partie à créer des tests génétiques destinés à interrompre les grossesses d'enfants atteint de myopathie (le combat contre la myopathie s'arrêtera-t-il faute de combattants?)...

Enfin, un couple infertile qui veut adopter, est dans une situation très différente qu'un couple fertile (gay ou pas) qui veut adopter. Un couple fertile qui veut adopter est tout de même bien un couple qui refuse la maternité en tant que telle: c'est-à-dire, le fait de porter un enfant avec tous les problèmes physiques et les dangers qui sont liés, vergetures, déminéralisation, surpoids, tension, diabète sans compter les choses que je ne veux pas dire car certaines d'entre vous sont enceintes. C'est un couple qui refuse l'idée même de la femme en tant que mère! (J'imagine que des arguments réciproques devraient pouvoir être développés pour la paternité et les couples de lesbiennes).

Résumons-nous: je suis choquée que ce que veuille la société ou des minorités parmi elle, devienne progressivement un droit intangible et incriticable; je suis choquée que le commerce régisse de plus en plus les rapports humains, jusqu'à notre conception et notre identité, et notre droit à l'existence; je suis choquée que le refus, voire la haine, de la maternité (et de son complément, la paternité) soit une chose de plus en plus "normale".

Oui, pourquoi pas des cochonnes OGM servant de mères porteuses, je suis sûre que ce sera moins cher qu'avec une vraie dame, et moins risqué. Peut-être que si c'est vraiment moins cher, nous y serons contraints par la sécu (parce qu'assurer les sages femmes et les obstétriciens, ça coûte cher!!).

Je pense que nous ne sommes pas des purs esprits, que notre corps a un patrimoine génétique venant d'un père et d'une mère, et que cet état de nature est un véritable cadeau, permettant de mieux connaître son origine. Nous sommes une humanité qui est humble devant la vie, nous sommes des hommes qui pouvont être humbles devant leurs prochains, parce que toute personne qui a tenu un bébé nouveau né dans les bras prend soudain
conscience que "tout le monde est né"!

Inversement, si nous créions des hommes-chimères, munis d'un patrimoine génétique parfait, peut-être sans père ni mère, mais avec des milliers de pères ou de mères, ils deviendraient bien pires que ce décrit Houellebecq dans "Les Particules Elémentaires" (Houellebecq, nommé membre d'honneur de la secte de Raël). Nous deviendrions des hommes anonymes, inconscients du poids de la nature dans notre volonté, nos décisions et notre vie, inconscients de ce qu'ils doivent aux autres, inconscients que nos défauts et le Mal nous abattent le plus souvent sans que nous le voulions, refusant la légèreté de notre biologie imparfaite. Nous créerions une humanité haïssant la faiblesse et la pauvreté, parce que ne la comprenant pas, une humanité en fait destructrice de ce qu'elle ne peut valoriser avec de l'argent, adorant uniquement l'intelligence, le pouvoir, la perfection physique, et l'argent.
Qui survivra à cela?

Voilà ce qui m'a mise de mauvaise humeur...

Peut-être que ce qui me choque le plus finalement - mais là c'est sans doute vous qui serez choquées - est ce fameux droit à définir le droit. Est-ce que parce qu'une action est autorisée par l'homme et par la société, elle est légitime et morale dans l'absolu? Non, je ne pense pas. La démocratie n'a peut-être rien à dire en matière de morale.

Posté par fleurt à 22:14 - Broderie, philosophie etc. - Commentaires [20] - Permalien [#]

Commentaires

    Je partage ton analyse...

    Posté par caroliane , le 21 octobre 2006 à 16:04
  • Tu évoques là tant de sujets différents, il y en aurait pour des heures et des heures de discussions que je partagerais volontiers avec toi. Pour ce soir, je dirais deux choses : "là où il y a de l'Homme, il y a de l'hommerie" et "seul survit le coeur secret" (Howard Butten).
    Je t'embrasse
    Val

    Posté par Val , le 21 octobre 2006 à 22:52
  • Je partage ton point de vue, et je voudrais y ajouter un petit témoignage qui est en lien avec le propos...

    Une femme de mon entourage, en bonne féministe (désolée, mais j'en ai parfois contre les féministes extrémistes), a voulu être une mère, mais sans s'embarrasser d'un homme... Elle s'est donc fait faire un enfant par le premier gars potable qu'elle a rencontré dans un bar, une histoire d'un soir.

    Elle a eu un fils, il a maintenant 6 ans et c'est le neveu de mon frère (par alliance).

    Aujourd'hui, c'était l'anniversaire de mon fils. Mon frère et sa conjointe gardaient leur neveu en question donc ils l'ont amené à la fête avec eux. Quand mon fils lui a demandé son nom, il a dit : "Je m'appelle ... et je n'ai pas de père."

    Ma belle-soeur m'a aussi dit qu'il a passé le week-end collé sur mon frère...

    De plus, je rejoins totalement ton point de vue au sujet des couples fertiles qui adoptent. Je vais être très dure dans mon commentaire, mais pour ma part, si une femme a tellement peur d'abîmer son corps qu'elle ne veut pas vivre une grossesse, c'est qu'elle est beaucoup trop égoïste pour élever un enfant.

    Posté par AnnieV , le 22 octobre 2006 à 06:34
  • Pas facile de laisser un commentaire qui ne fasse pas trois pages après ton message, mais on se rejoins sur beaucoup de points évoqués...

    Posté par Angsoka , le 22 octobre 2006 à 10:08
  • Un couple fertile, peut avoir déjà des enfants et souhaiter adopter parce qu'ils veulent donner de l'amour à un enfant qui se desepère dans un orphelinat...ou peut ne pas avoir d'enfants, et souhaiter adopter parce qu'ils estiment qu'il y a justement beaucoup d'enfants qui ont besoin d'amour et que ce n'est pas nécessaire d'en "faire" un alors qu'il y en a tant qui ne rêvent que d'être adoptés...l'envie d'adoption n'est pas forcément lié à un refus ou une peur de la grossesse.

    Posté par Valérie , le 22 octobre 2006 à 21:20
  • (réponse à Valérie) Oui, mais c'est un peu théorique, comme argument. Quand les gens adoptents, ils disent toujours qu'on leur montre les enfants les pires d'abord (Sida etc). Les choisissent-ils en priorité? On ne peut pas faire un modèle de société en supposant que quelques saints altruistes sont la norme. De plus, personnellement j'ai 4 enfants, ça demande une énergie de dingue, c'est une ruine d'ailleurs, et il faut vraiment avoir beaucoup de force à mon avis pour adopter des enfants et les considérer comme les siens.

    Posté par fleur , le 22 octobre 2006 à 23:08
  • Tout doit dépendre des organismes par lesquels tu passes... j'ai 3 amis qui ont adopté des enfants et ils n'ont pas rencontré ce type de problèmes...Ils en ont rencontré d'autres
    J'ai du mal à croire que l'on puisse adopter un enfant si l'on refuse la maternité. Peut-être trop naïve Nous avons 2 enfants, en prévoyons un 3ème, et une adoption en plus. Et je ne pense pas être une sainte altruiste
    Merci d'être passée sur mon blog!

    Posté par Valérie , le 22 octobre 2006 à 23:30
  • Tout doit dépendre des organismes par lesquels tu passes... j'ai 3 amis qui ont adopté des enfants et ils n'ont pas rencontré ce type de problèmes...Ils en ont rencontré d'autres
    J'ai du mal à croire que l'on puisse adopter un enfant si l'on refuse la maternité. Peut-être trop naïve Nous avons 2 enfants, en prévoyons un 3ème, et une adoption en plus. Et je ne pense pas être une sainte altruiste
    Merci d'être passée sur mon blog!

    Posté par Valérie , le 22 octobre 2006 à 23:59
  • Je rajouterai que dans mes amis qui ont adopté: le premier couple avait déjà 3 enfants et en a adopté un 4ème, le 2ème couple avait un enfant,a adopté une fratrie et en a eu un 4ème ensuite, le 3ème est un remariage, la maman a 45 ans, n'avait pas d'enfant et les médecins lui ont déconseillé d'être enceinte. Je ne sais pas si on peut parler d'argument théorique
    Avoir 4 enfants en 4 ans,dont des jumeaux, c'est sûr que cela doit pomper beaucoup d'energie! Mais ce n'est pas forcément une situation courante... Bon courage à toi!

    Posté par Valérie , le 23 octobre 2006 à 09:27
  • Je partage ton point de vue Fleur.

    La démocratie sert trop souvent d'alibi à la morale...Je crois deviner que c'est là le fond de ton propos.

    Et puis, il y a aussi cette fâcheuse tendance à ériger en dogme tout ce qui vient des States...

    C'est très péoccupant.

    Par ailleurs, il y a sous jaçant le problème de la SAINE culpabilité, la FAUSSE liberté, et il faut bien l'avouer de l'EGOISME.

    Sous couvert d'être libre , de ne se sentir coupable de rien et d'agir pour soi d'abord, la démocratie se perd. Au nom du droit à être soi-même ( ce qui pourtant est légitime ), les lois se transforment, les règles aussi,ce sont sans doute les effets pervers des discours déculpabisants dont la société avait par ailleurs tant besoin.

    Le problème, c'est que souvent les gens confondent tout, et trouvent dans ces nouveaux choix de société des alibis à leurs actes.

    Du coup, la morale est devenue une valeur ringarde par ce que les gens ont perdu l'aptitude à se mettre à la place des autres.

    Je t'embrasse, Fleur.
    Dodile

    Posté par Dodile , le 24 octobre 2006 à 09:50
  • Pas facile !

    Pas facile de répondre à tout cela. Une chose m'a accrochée au début "Puisque la science permet d'éviter la consanguinité, on ne voit plus de raison d'être choqué par l'inceste en tant que tel".
    Cela m'a rappelé un texte de Dolto (impossible de le retrouver là tout de suite) qui explique bien que l'origine de l'interdit de l'inceste n'est pas la cosanginité et les problèmes qui pourraient en résulter pour la survie l'espèce. L'interdit de l'inceste est une base profondément structurante de notre "humanité". Il relève de notre dimension symbolique (que les animaux ne possèdent pas). Il fait que nous nous construison avec un père, une mère, d'une génération qui ne pourra jamais être la notre, etc (excuse-moi elle explique bien mieux).
    Les possibles que la science ouvrent restent donc des possibles "techniques", ils n'ont rien a faire avec nos fondements psychiques, notre dimension symbolique, notre humanité. Donc, quoi que la science expérimente, cela ne nous dispense pas d'une éthique.
    L'éthique n'est pas la loi...

    A part ça, ce qui me remue le plus c'est ce passage du "désir d'enfant" au "droit" d'avoir un enfant. Dieu sait que les enfants, nos enfants ne nous "appartiennent" pas.

    Est-ce que c'est en GB qu'une loi va passer pour lever l'anonymat sur les dons de sperme et d'ovule ? Cela parrait tellement juste. J'ai déjà eu l'occasion d'observer les dégas que provoquent les secrets sur les origines. Il y en a pour plusieurs générations !
    Jusqu'à maintenant avec le secret des adoptions sous X ou des dons, ceux que l'on protège, c'est exclusivement les géniteurs, quitte à démolir les progénitures qui en résultent. Or protéger les parents au détriments des enfants, ça, c'est profondément contre nature !
    Au moment de donner une vie, de quelque façon que ce soit, on à l'occasion de devenir adulte. C'est à dire d'accepter que nous seront d'une génération qui ne sera pas celle de nos enfants, qu'il n'y aura pas de symétrie, que nous auront des devoirs envers eux et que ces enfants, eux,ne nous devront rien si ce n'est de vivre et plus tard d'être capables d'assumer à leur tour que s'ils ont des enfants ils auront des devoirs envers eux... et encore et encore...

    Posté par Laurence , le 24 octobre 2006 à 17:57
  • tres interressante reflexion qui pose des problemes bien trop complexes pour un simple commentaire sur un blog. Mais sachez que j`ai ete heureuse de le lire car meme si ma sensibilite est probablement differente de la votre, la conclusion est au fond semblable. je vous souhaite une bonne nuit .

    Posté par loga , le 25 octobre 2006 à 00:16
  • nouvelle race ?

    Sujet très intéressant et brûlant d'actualité, ci joint 2 liens pour information, que nul ne dise je ne savais pas. :
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-820721,0.html?xtor=RSS-3208

    http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=67205

    Posté par Danielle , le 25 octobre 2006 à 18:57
  • Je me sens concernés par vos arguments car je suis enfants adoptée et j'ai 6 frères et soeurs dont 2 sont adoptés comme moi.
    Pourquoi mes parents français m'ont adopté alors qu'ils avaient des parents biologiques a eux ?
    Ben je pense qu'ils en avaient envie, envie de rendre un orphelin heureux!!Eh! ben mesdames moi je suis arrivée au monde et personne qui voulaient de MOI et je n'avais ni père ni mère!!
    Je vivais dans la rue IMAGINER vos gosses de moins de 4 ans trainait les rues a la rcherche de la pitance pour survivre chaque jour.
    Ca c'était mon quotidien jusqu'à ce que un soldat s'intérese à mon sort et me conduise à l'orphelinat où certes je mangeais à ma faim mais je n'avais pas d'amour ni de parents!
    j'ai eu cette chance après sinon je pense que j'aurai fini délinquante ou sur le trottoir ne nous voilons pas la face!
    Si des couples fertiles veulent adopter c'est leur droit et je leur dit BRAVO pas ce que c'est pas facile d'aller chercher un enfant et de voir les autres enfants qui vous regardent de façon désepérés.
    C'est un choix pour certains couples dontl'un est stérile de ne pas subir de fiv car il préfère se tourner ves l'adoption non pas pour éviter une grossesse!mais par conviction et je LES respecte!


    Quand à fleur avoir une force pour adopter des enfants ! NON ! C'est l'amour qui donne la force de vivre et d'agir pour le bonheur de ces enfants.

    Et je suis d'accord avec toi nous ne devons pas tout accepter sous prétexte d'être tolérants à tous.


    Une fille qui a connu le pire mais qui est devenue une femme qui a réussit sa vie!!

    bonsoir

    Posté par maril , le 25 octobre 2006 à 21:13
  • Je me sens concernés par vos arguments car je suis enfants adoptée et j'ai 6 frères et soeurs dont 2 sont adoptés comme moi.
    Pourquoi mes parents français m'ont adopté alors qu'ils avaient des parents biologiques a eux ?
    Ben je pense qu'ils en avaient envie, envie de rendre un orphelin heureux!!Eh! ben mesdames moi je suis arrivée au monde et personne qui voulaient de MOI et je n'avais ni père ni mère!!
    Je vivais dans la rue IMAGINER vos gosses de moins de 4 ans trainait les rues a la rcherche de la pitance pour survivre chaque jour.
    Ca c'était mon quotidien jusqu'à ce que un soldat s'intérese à mon sort et me conduise à l'orphelinat où certes je mangeais à ma faim mais je n'avais pas d'amour ni de parents!
    j'ai eu cette chance après sinon je pense que j'aurai fini délinquante ou sur le trottoir ne nous voilons pas la face!
    Si des couples fertiles veulent adopter c'est leur droit et je leur dit BRAVO pas ce que c'est pas facile d'aller chercher un enfant et de voir les autres enfants qui vous regardent de façon désepérés.
    C'est un choix pour certains couples dontl'un est stérile de ne pas subir de fiv car il préfère se tourner ves l'adoption non pas pour éviter une grossesse!mais par conviction et je LES respecte!


    Quand à fleur avoir une force pour adopter des enfants ! NON ! C'est l'amour qui donne la force de vivre et d'agir pour le bonheur de ces enfants.

    Et je suis d'accord avec toi nous ne devons pas tout accepter sous prétexte d'être tolérants à tous.


    Une fille qui a connu le pire mais qui est devenue une femme qui a réussit sa vie!!

    bonsoir

    Posté par maril , le 25 octobre 2006 à 21:16
  • un des problèmes est que l'on fait toujours passer le droit d'un couple à avoir des enfants AVANT le droit d'un enfant à avoir des parents.
    pour le reste moi je ne sais plus, j'ai peur que ma culture et mon éducation judéo-chrétienne fausse mon raisonnement et j'ai du mal à en faire abstraction. Je n'arrive toutefois pas à comprendre pourquoi alors que le mariage est en perte de vitesse chez les hétéro pourquoi cela devient une telle nécessité chez les couples homosexuels. Bonsoir. Florence

    Posté par flo , le 25 octobre 2006 à 21:21
  • quel courage d´écrire un article comme ça... ça m´a posé beaucoup de questions... je rejoins totalement l´opinion de Maril concernant l adoption... nous avons adopté une petite fille il va y avoir deux ans, aprés 2 enfants biologiques... et OUI on l´a fait pour des raisons telles qu´elle les décrit, cette petite aurait été une délinquante, elle a été trouvé dans la rue, elle n´avais pas á manger, etc... et NON il ne faut pas une force speciale pour adopter un enfant, c´est, je pense, une erreur, de se motiver comme ça, pour nous, ça coulait de source... si on commence á voir le côté "problèmes" faut surtout s´abstenir...
    En tout les cas, article trés courageux...

    Posté par raphaelle , le 25 octobre 2006 à 21:37
  • Coucou, message du soir, espoir. Effectivement il y a plusieurs choses mélangées dans mon post, y compris des questions sur le choix d'être fertile ou pas (lorsqu'il y a choix). De toutes façons je ne revendique pas le titre de philosophe, mais de tricoteuse, imparfaite qui plus est.
    Peut-être manquait-il un passage sur la responsabilité individuelle et la responsabilité collective?
    Et aussi, sur la charité vis-à-vis des enfants abandonnés, que nous devrions tous avoir également... Voir la revue de livre de la dernière fois, sur Monique Maunoury qui a passé sa vie à s'occuper des enfants d'Ivry.
    Mais, revenons au schmilblick: à quand le trafic d'ovules à quelques milliers d'euros, pour servir d'enfants ou de médicaments bio-engineered, à volonté du donneur "sans projet parental"?
    C'est ce "sans projet parental" sur lequel on revient souvent, et sur lequel je m'interroge.

    Posté par fleur , le 26 octobre 2006 à 00:23
  • Tes questionnements m'interpellent.
    Plusieurs sujets abordés :
    Les gays et leur regard sur le mariage pour la consolidation de leurs liens.
    L'inceste permissif.
    La procréation artificielle payante.
    L'adoption d'enfants de couples, gays ou non, ou de personnes seules médicalement aptes à procréer.

    Notre vécu, notre éducation, nos croyances sont chamboulés par ce monde en perpétuelles mutations génétiques, juridiques, sociales et nous sommes confrontés à des situations qui nous choquent de loin comme de près.

    Certains s'interrogent et sont gênés de ne pas trouver les réponses qui les satisfont. D'autres sont dans la crainte d'une perte de valeurs. D'autres sont laxistes.

    Pour les couples gays, leurs difficultés à s'affirmer vient justement de ces questionnements et du regard des autres.

    Pour l'inceste ou la pédophilie, ou toutes relations non consenties librement, il y a le barrage juridique qui rassure et le soulagement de se dire qu'il est fait quelque chose.

    Sur l'adoption, un enfant non adoptable n'a pas de possibilité de pouvoir vivre des relations d'amour parentales. Un couple qui peut donner vie à un enfant est-il coupable d'aimer cet enfant.
    Pour un enfant adoptable, dont les parents l'ont "laissés", pourquoi des couples ayant déjà des enfants ou qui peuvent en avoir les "laisseraient-ils" aussi ?

    Il n'y a pas de philosophie de cuisine, de spécialistes à consulter qui donnent des réponses à nos doutes, car nous réagissons avec le coeur et le coeur a ses raisons que la raison ignore.

    Posté par zybe , le 03 novembre 2006 à 08:04
  • mmmh tout ceci laisse pensif, en effet... de quoi meubler mes insomnies de très grosse future maman !!

    Posté par marie&co , le 03 novembre 2006 à 19:15

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